Lecture - La guerre des pauvres

Thomas Gourdy & Jean Galmiche
13 mai

La lecture du texte La Guerre des pauvres est disponible sur notre plateforme Vimeo jusqu’au 25 juin, sous-titrée en allemand et accessible sur mot de passe.
Merci de nous contacter à billetterie@carreau-forbach.com afin d’accéder aux identifiants !


“Un roman est une œuvre du recueillement. Des mots en prise avec son lecteur, sa lectrice.  En nous adonnant en duo au jeu de la lecture-concert live, nous faisons entorse à cette niche de l’intime. Mais puisque cela fait déjà plus d’un an que nous sommes encouragé·es à l’isolement …

Toutes choses sont communes

La Guerre des pauvres, ce sont des gens pris dans des révoltes d’autres époques, qui se sont assemblés autours d’idées et désir neufs.

Eric Vuillard a puisé son inspiration dans ce qui demeure des traces historiques, mais il est romancier et donne la chair de poules à ces idées en germe et en croissance qui ont couru du 14ème au 16ème siècles, d’Anglie de l’Est à la Basse Saxe en passant par Mulhouse, et qui sans doute poursuivent leurs traversées du temps et des frontières. Son phrasé ciselé réactive les mouvements et le son des battements des cœurs d’alors, à nouveau en pleine effusion, hésitants, emballés, enragés, propulsant du sang dans des “jambes à leur coup” ou dans des bras levés.  C’est une écriture à l’épaule, à défaut de caméra.

Les époques et les références se télescopent pour le musicien et le lecteur, en prise avec un dispositif vidéo et une guitare jazz électrique anachroniques. Les lignes mélodiques sont exposées, réinterprétées, désarticulées autour d’un madrigal polyphonique.
Des dispositifs entrecroisés comme l’histoire des luttes.

Le texte d’Eric Vuillard est court, notre montage l’est plus encore, à peine le temps de laisser croire que les foyers de révoltes ne s’éteignent jamais pour l’éternité.
En nous emparant d’un plateau de théâtre, nous reprenons contact avec la représentation.
La salle Bertolt Brecht du Carreau est un morceau de l’histoire de Forbach : elle bruisse des spectacles passés et à venir, devant des rangs de fauteuil, un temps inhabité et que l’on aurait tort de croire déserté.

Les rues, les places, les mémoires, les ronds-points, les chemins, sont pleins de bruits formidables et terribles, de paroles neuves et de tentatives, passés et à venir. Les théâtres aussi ont vocation à être des alcôves où s’entretiennent des désordres, des désaccords, des nécessités pour chacun·e d’être une voix ou un témoin de l’histoire des peuples.

« C’est fait. Les mots sont dits de nouveau :
ni par l’argent ni par le pouvoir ni par les princes,
ces mêmes petits mots qui changent de forme, de ton mais pas de cible, et qui, lorsqu’ils reviennent au monde, toujours s’acharnent contre l’argent, la force et le pouvoir.  Ces mots vont petit à petit devenir les nôtres. Ils vont mettre longtemps, très longtemps à faire leur chemin jusqu’à nous. »
Extrait de La Guerre des pauvres d’Eric Vuillard

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